A chaque retour cyclique d’un genre revenu en grâce dans les petits papiers des journalistes et des maisons de disques (même combat ?), on a droit à notre lot de groupes d’anciens combattants, de disparus voués à l’oubli, revenir sur le devant de la scène comme si de rien n’était. Comme si le temps ne s’était plus écoulé. Ici, il s’agit d’un nouvel album de l’ex. grand groupe Jane’s addiction qui surfe la vague rock’n’roll du moment. La conclusion est vite trouvée. Comparé aux adolescents du moment, à l’apparition de tous ces groupes qui marchent sur des braises (The kills, Yeah yeah yeahs,..) en permancence, « Strays » semble bien terne et Jane’s addition bien vieux. Sans fraîcheur, ni vitalité, aidés seulement par leur savoir faire intact, les Américains ne peuvent nous offrir qu’un disque plaisant, agréable alors qu’on attend du sang, du sexe et de la sueur. « Strays » ne manque pourtant pas d’effets, de tentatives désespérées pour rendre le rock tordu, frondeur mais rien n’y fait. Les mélodies sont là, mais elles ne s’enflamment pas. L’énergie est présente, mais elle ressemble plus à un effort de sportif entraîné qu’à celui d’un groupe qui joue sa vie sur un refrain. Jane’s addtion n’est plus vraiment parmi nous et là où ils auraient pu sauver leur aura par un travail sur les sons, les arrangements, l’originalité des thèmes, on n’obtient rien de plus qu’une œuvre banale. Sincère mais banale. |