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Rock Story #13 : Crosby Still Nash & Young
 

par Jean-Marie Bellouard (15/03/10)

 
Extrait en musique

 

 
Article par I-Muzzik

 

Sorte de super groupe américain de la fin des 60ies, Crosby, Stills Nash and Young (CSN&Y) étaient réputés être les « beatles américains ». Un terme qui ne leur collait absolument pas, car mis à part un talent certain pour les harmonies vocales, CSN&Y, c’est un concentré de folk-rock tout ce qu’il y a de plus Yankee (même si Nash est Anglais), et surtout avant d’être un groupe c’est un agglomérat de quatre ego qui se sont mis ensemble pour pousser la chansonnette. Car chacun a un passé déjà riche (Byrds pour Crosby, Hollies pour Nash, Buffalo Springfield pour les deux autres), et chacun est leader du groupe tour à tour (sur leurs compositions respectives). Au départ, ils n’étaient que trois (CSN), le temps d’un album qui rencontra un joli succès (« CSN »). Vint s’ajouter le compère Young, la pièce rapportée, qui fut toujours la cinquième roue du carrosse. Sortit alors l’album « Déjà Vu », un classique immédiat, et là, le succès fut gigantesque. Le groupe fut également un des emblèmes de la période Woodstock : bref, c’était LE groupe dans l’air du temps aux States ! Après la période de grâce, forcément les fissures sont apparues. La tournée, dont fut tiré l’album « 4 way street », ne fit que mettre en évidence les frictions entre les membres : après moult péripéties, Young sauta du train en marche pour lancer pour de bon sa carrière solo.En live, le groupe a deux faces : un côté « boy scout » (regardez le film de Woodstock), et un côté électrique, rageur et débordant d’énergie.

C’est ce dernier qu’on retrouve sur cette video, « Down by the river ». Il s’agit d’un grand classique de Neil Young, présent sur son deuxième album solo (« Everybody knows this is nowhere »), album enregistré avec « son » groupe, Crazy Horse, en 1969. La présente version est sérieusement écourtée, sans doute pour les besoins de le télé, mais on a le temps de voir s’exprimer parfaitement la lutte d’ego qui sévissait au sein du groupe. Quand la chanson commence, tout le monde joue et chante ensemble, en harmonie. Crosby dodeline de la moustache et agite les frange de sa veste : c’est le signe que tout va bien. Mais dès qu’arrive le pont musical, débutent les fameux duels de guitare entre Stills et Young. Ca ne rigole pas : aucun ne veut lâcher le morceau et céder le pas à l’autre, ça fait des étincelles ! Crosby et Nash sont un peu perdus au milieu de ce déluge sonore (ils lancent des « hey » de ci de là, histoire de rappeler qu’ils sont là). Quand revient le moment du refrain, ça dérape un peu, les jolies harmonies sur des guitares affolées, ça le fait moyen… mais ça passe, au forceps.

A l’écoute de ce genre d’enregistrement, on du mal à comprendre pourquoi ce groupe a gardé une image de groupe mièvre ! Les deux plus beaux spécimens de ces joutes sonores Stills/Young se trouvent sur « 4 way street », sur les chansons « Southern man » et « Carry on » (près d’un quart d’heure chacune, des ponts musicaux étirés et pas du tout reposant !)
Après l’épisode CSN&Y, les quatre artistes eurent une carrière solo : longtemps, seul Young et Stills ne trouvèrent grâce aux yeux des critiques. Or il s’avère que dans la foulée, au début des 70ies, Nash et Crosby firent eux aussi quelques albums vraiment intéressants (qu’ont voit réhabilités de nos jours). Mais bien vite, les carrières de Crosby, Stills et Nash se sont vues limitées aux reformations épisodiques des quatre hommes (profitant de l’aura du « loner »), tandis que Young traverse les décennies sans prendre une ride.