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Neil young & Crazy Horse (Paris)
 

par Adrien Lozachmeur (25/06/13)

 
Extrait en musique

 

 
Article par I-Muzzik

 

J'avais déjà vu Neil Young en concert acoustique, à l'époque de Greendale. Pas vraiment le meilleur album du loner. J'étais resté sur ma faim. En fait mon fantasme c'était de voir le Neil Young électrique, celui qui déclenche la foudre avec ses fidèles compagnons du Crazy Horse. Des noms qui ont une résonance pour tout fan : Frank Sampedro à la guitare rythmique. Ralph Molina à la batterie. Billy Talbot à la basse. L'ensemble constitue sans doute une des plus formidables sections rythmiques de l'histoire du rock! Depuis des années, je me disais que s'il y avait un groupe que j'avais envie de voir en live, c'était bien celui-là. Désir exaucé. On disait Neil Young fini. On entendait qu'il n'avait plus rien fait de grand depuis "Ragged Glory" ou "Sleep with angels", au début des années 90. Avec l'album "psychedelic pill" sorti en 2012, il a remis les pendules à l'heure. Ce disque est une tuerie. Les petits jeunes peuvent aller se rhabiller. Quelle puissance! Quelle liberté! Ce disque est un chef d'oeuvre. NY vieillit mieux que d'autres mythes du rock. Ça fait longtemps que je n'écoute plus les nouveautés de Dylan (qui pourtant doivent être pas mal), Lou Reed (marre d'être pris pour un con), Leonard Cohen (la musique atroce gâche tout) ou Springsteen (hélas, j'ai du mal à me mettre dans la peau d'un routier du New Jersey). Par contre j'écoute en boucle "Psychedelic Pill" et ses morceaux à rallonge (28' pour "Drifting Back", 17' pour "Ramada Inn" 17' pour "Walk like a giant") où on ne s'ennuie jamais. Mais revenons au concert. Le groupe a commencé avec "Love And Only Love", un morceau phare de "Ragged Glory", ça commençait bien! Au début je focalisais un peu sur le fait que la sono aurait pu être meilleure mais très vite, la fièvre électrique m'a emporté et j'ai oublié tout ça. Pendant une bonne demi-heure (ou plus, je ne sais pas trop. Le temps semblait s'être arrêté), les joutes de guitare, la puissance rythmique m'ont littéralement scotché. J'étais à fond dedans. J'ai ressenti 2 ou 3 fois des sentiments d'extase. Les morceaux du dernier album ("Walk like a giant", "Ramada Inn", "she's always dancing") marchent à fond. Puis le rythme s'est ralenti le temps de 3 morceaux calmes interprétés par NY. "Heart Of Gold" est sa chanson la plus connue. Plus surprenant, il a repris "Blowing in the wind" de Dylan. Vu son répertoire, il n'était pas obligé. Je ne connaissais pas le 3ème morceau, joué au piano. C'était la seule fausse note du concert. Je l'ai trouvé trop naïf, mais cette naïveté est un aspect essentiel de NY. C'est ce qui agace et c'est ce qui émeut. Il a toujours la même voix. C'est une voix d'enfant. Le contraste avec la puissance sonore du groupe est vraiment fascinante. Après la pause en solo, la rythmique est repartie de plus belle. Le Crazy Horse a une façon particulière de démarrer les morceaux. Je ne saurais pas trop comment expliquer ça. On a l'impression d'un rouleau compresseur qui déboule, il y a une montée progressive du son. On ressent la même chose que lorsqu'on voit un éclair puis qu'on entend le grondement de l'orage. Un des grands moments de la soirée a été l'interprétation de "fucking up", morceau terrible (encore un de "Ragged Glory") où Sampedro a le dernier mot. Et puis sont venus "Cinnamon Girl" et "Hey Hey My My", 2 classiques des classiques, que tout le monde dans la salle semblait connaître. La foule était très homogène, il y avait des vieux, des jeunes, des filles, des mecs. Cette musique est transgénérationnelle. Agitée de spasmes électriques, la salle vibrait. Je sentais mon corps rempli d'adrénaline. Quand les types ont quitté la scène, on se disait qu'ils ne pouvaient pas nous laisser comme ça. C'était inhumain. Aussi frustrant qu'un coitus interruptus. On a gueulé pour qu'ils reviennent vite pour le rappel. Ils sont revenus, bien obligés. On a eu le droit à "Rocking in a free world", il fallait bien un truc aussi pêchu pour clore la soirée en beauté. Les vieux briscards ont tiré leur révérence sur cet ultime baroud d'honneur. Ils ont tout donné, je leur suis éternellement reconnaissant. Voilà. J'ai vu NY et Crazy Horse dans un super show. Je peux mourir heureux.